FINANCEMENT / INVESTISSEMENT
Les autres formes de financement du Logement

Tous les professionnels s'accordent à dire que les prix de l'Immobilier tardent à baisser pour rééquilibrer le pouvoir d'achat des ménages français en termes de logement, surtout avec la hausse récente des taux d'intérêt et le maintien des critères du HCSF (Haut Conseil à la Stabilité Financière). Du coup, certains montages, parfois anciens dans leur genèse, trouvent un nouvel écho auprès des start-ups mais surtout auprès des porteurs de projets impactés par le contexte.
On peut décomposer ces dispositifs en 3 grandes familles : l'achat d'un bien divisé, la coacquisition, et la location accession.
S'agissant d'un bien divisé, le principe est ancien. Un bien immobilier est un actif, qui est composé d'une nue-propriété, et d'un usufruit. Chacun des droits a une valeur. Il suffit donc de n'acheter qu'un seul de ses droits pour avoir un prix de transaction moins élevé. C'est la disposition du démembrement. Il peut être temporaire ou définitif. C'est le cas par exemple, d'un achat en nue-propriété, dont la cible d'investisseur est patrimonialement déjà propriétaire de biens loués et qui cherche à accroitre son patrimoine, à moindre coût, avec une fiscalité avantageuse, et avec un horizon à moyen-long terme une valorisation agréable. C'est aussi le cas d'un achat en viager, où la reconstitution de la pleine propriété du bien ne se réalisera qu'au décès du crédit-rentier, usufruitier du bien. Mais là aussi on est sur une cible d'investisseur compte tenu du caractère aléatoire du décès du tiers usufruitier.
Le principe peut être adapté au détachement (et non démembrement) du foncier du bâti. C'est ce qui prévaut dans le Bail Réel Solidaire (BRS). L'acquéreur ne devient propriétaire que du bâti, le foncier étant détenu par un organisme foncier (OFS), généralement public ou institutionnel, qui exigera le paiement d'une redevance de location durant toute la durée d'occupation. Les plus anciens d'entre vous se souviendront peut-être du Pass-Foncier qui fonctionnait sur le même principe.
Pour ce qui concerne la coacquisition, le dispositif est le fait de proptechs. Les modalités varient, mais le principe est le même. L'investisseur achète aux côtés des acquéreurs, en contrepartie d'un droit à une quotité du prix de cession du bien -ou avec une option de rachat de cette participation - calculé selon le niveau de participation à l'achat et à la durée d'immobilisation de la participation. Tout récemment, une jeune proptech a assorti son intervention à la réalisation de travaux pour améliorer la performance énergétique du bien, ce qui rassure également la valeur de l'actif à sa cession future.

Enfin, la location -accession est aussi un dispositif ancien qui connait un regain d'intérêt. Le principe est proche de la Location avec Option d'Achat d'un véhicule. L'opération se déroule en deux phases. Une première période pendant laquelle l'acquéreur est d'abord locataire. Son loyer est partiellement consacré à l'indemnité d'usage du bien, mais aussi partiellement à l'épargne en vue de la levée d'option d'achat. A l'issue d'une période prédéfinie, le locataire accédant actionne l'option et acquitte le prix, préalablement défini, en utilisant aussi son « épargne » constituée durant la période de location, un éventuel apport personnel supplémentaire et le recours à un prêt le plus souvent- pour parfaire le prix de l'achat. S'il n'actionne pas l'option, il demeure locataire sans nouvelle période d'option. Ces formules sont soit encadrées législativement Prêt Social Location-Accession (PSLA) soit proposées en secteur libre par des sociétés qui épousent souvent le statut de marchand de biens. Cette spécificité de statut limite toutefois la durée de location à 3-4 ans, pour qu'en cas de cession elles soient à l'intérieur du délai de 5 ans défini par les textes sur le statut.
Côté financement, aux différentes catégories correspondent des typologies de prêts. Par exemple, s'agissant des achats destinés à être la résidence principale de l'acquéreur, ces derniers pourront faire appel aux prêts réglementés (PTZ, PAS, prêt conventionné...) sous réserve du respect des conditions d'éligibilité, mais aussi à toutes les formes de crédit bancaire de secteur libre.
Pour le BRS et le PSLA, les dispositifs sont destinés quasi-exclusivement à la primo-accession et aux ménages modestes, et sont conditionnés par les critères d'éligibilité correspondants.
Pour les projets portés par des investisseurs, seules les solutions de crédit « classiques » sont possibles, avec les règles d'octroi propres à chaque banque.
Dans tous les cas, l'analyse projective des revenus et de l'endettement est primordiale, pour éviter des mauvaises surprises, notamment en sortie de période locative, ou de projets parallèles.
Photo | Bruno Rouleau - Délégué Général de la Fédération du Courtage en Crédit
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